Domaine Rabasse Charavin

Cuvée Pigée, Rasteau, Estevenas, Côtes-du rhône-villages

Une rencontre de choc : Corinne Couturier

La convivialité est à l'honneur dans ce domaine où Corinne nous reçoit toujours chaleureusement. C'est d'ailleurs lors d'une journée portes-ouvertes proposée aux restaurateurs et bistrotiers que j'ai fait sa connaissance. J'y ai passé trois jours d'anthologie ou le temps a perdu toute prise sur nous. Merveilleux souvenirs où le vin a coulé à flot en compagnie de gens sublimes ! Même la presse s'en souvient tant l'échange a été fantastique de bonne humeur. Une rencontre de choc !

Corinne Couturier

Des vins riches, puissants, entiers

A cette occasion, j'ai découvert des vins riches, puissants, parfois un peu sévères pour mieux se laisser attendre. Des vins entiers, qui ne racolent pas. J'ai par exemple dégusté un inoubliable magnum 1990 de sa cuvée pigée, qui me reste comme un grand moment de plaisir.

Son rasteau est plus souple dans son fruit, plus rond plus prêt à boire en attendant son estevenas, cuvée plus ample qu'il faut attendre un peu plus longtemps. Exception faîte, peut-être, du 2003, millésime gourmand qui me régale actuellement par son fruit.

Une très belle bouteille qu'il faut, bien sûr, carafer un peu à l'avance afin que le vin libère sa puissance et se révèle charnu, plein d'arômes du soleil, de thym, de garrigue, invitant au plat riche en herbes provençales ou exotiques comme le ngo gai (panicaut à parfum de coriandre fraîche) que Philippe prépare entre autres avec un bouillon de boeuf et ses ravioles, un plat que notre estevenas supporte très bien.

Corinne fait des vins de caractère qui acceptent les mariages d'épices fortes, généreuses, chaleureuses (noix de muscade, cumin, gingembre), ainsi que toutes les bonnes herbes de la région.

Le domaine

Corinne veille sur un grand domaine où de superbes vieux ceps de grenache de quatre-vingt à cent ans d'âge se tordent et se prélassent au soleil pour offrir le meilleur de leur jus. De ce jus qui fait ses estevenas...

Mais ce sont aussi des grenaches bien mûrs du côté de Violès, que l'on presse aux pieds deux à trois fois quotidiennement pendant une douzaine de jours pour en extraire le fruit de sa cuvée pigée, qu'elle nomme les amandiers.

Deux cuvées à laisser vieillir une bonne dizaine d'années pour avoir la joie de boire des vins bien à point.

Chaque fois que je me rends chez eux, je suis chez Pagnol ; partout c'est du soleil, de l'accent, des blagues, des rires et des chants. Les chants des cigales et ceux de Jean-Paul son mari, en qui je salue un jovial personnage toujours prêt à raconter une histoire bien de chez eux. Le tout autour d'une bonne table sur la terrasse, entre amis.

Marc Delacourcelle