Domaine François Henry

Côteaux du languedoc

Rencontre: Laurence et François Henry

Voilà une renontre épicurienne ; François est un gourmet, un joyeux personnage qui aime les bonheurs de la table ; Tout son monde se traduit en saveurs et par le plaisir des sens. Chaque fois qu'il vient au restaurant, c'est une joie de le voir manger tant il apprécie chaque bouchée, s'efforçant d'en deviner la composition et de déterminer de quel vin il pourrait l'accompagner.

François Henry

Nous nous connaissons depuis l'époque où il oeuvrait encore dans le domaine familial. Actuellement, il est, avec son épouse Laurence, dans son propre domaine d'une quinzaine d'hectares, à Saint Georges d'Orques. Ils s'y sont installés car ce vignoble avait déjà grande réputation au XVIIIème siècle, et ce n'est pas un hasard car les terroirs sont superbes.

Ils produisent des vins généreux et puissants aux arômes riches comme dans la cuvée Saint-Georges ou la cuvée les chailles, mais aussi dans la cuvée paradines, pourtant d'un abord plus facile. Des vins de fruits rouges concentrés exprimant le cassis, la cerise, ou tirant sur le pruneau.

Une passion

Mais venons-en à la passion de François, qui n'est pas étrangère à la réputation ancestrale de son vignoble. Voici une dizaine d'années, il a entrepris de produire des vins tels qu'on les élaborait il y a trois siècles.
Dix ans de recherches qui aboutirent enfin à la naissance de ses précieux flacons. Il a d'abord recensé les cépages de l'époque, puis les a recherchés (s'ils existaient encore) au fin fond des vignobles, en compagnie d'ampélographes. Quel périple !

Un vin d'antan

Mais le résultat est là. Et plutôt réussi. Il a replanté ces cépages historiques (morrastel à jus blanc, oeillade noir et gris, terret noir et gris, aspiran ribeyrenc), tous mélangés, puis vendangés ensemble à la même date (bien mûrs ou pas assez, ce qui, dans les premières bouteilles d'essai, en 2000, a amené un équilibre final surprenant avec des degrés faibles pour la région). On sent que le vin n'est pas encore au point, un peu instable, mais le 2002 n'hésite pas du tout et s'ouvre généreusement en carafe, tout comme le 2003.

On retrouve les mêmes arômes que sur ses autres vins : le terroir parle, avec un côté plus sauvage de bourgeon de cassis. Il change rapidement dans le vere, évolue sur une note réglissée, s'étoffe et repart sur autre chose.

L'originalité de ce vin est sa fraîcheur, sa vivacité, son caractère. Il faut le goûter.

Marc Delacourcelle